GENFIT (GNFT) Une valeur malmenée !

A l’origine, ce qui m’a fait découvrir la NASH est mon petit investissement dans la société française GENFIT qui est une des Biotechs mondiales les plus avancées dans la recherche d’un traitement de cette maladie. Depuis j’ai élargi fortement mon champ de reflexion à l’ensemble des acteurs de ce futur marché.


Cela fait un moment que je n’ai pas écrit sur les valorisations des Biotechs ciblant la NASH.

Depuis que je suis les Biotechs sur les marchés j’ai appris qu’il n’y avait pas d’intérêt à essayer d’anticiper l’imprévisible en calculant des valorisations court terme et moyen terme.

La seule chose que je puisse faire, c’est d’établir des scénarii long terme en m’appuyant sur des données réalistes, précises et des faits établis.

J’ai donc décidé de rassembler toutes les données publiques disponibles que j’ai pu trouver sur le contexte de la NASH, la maladie, les évolutions des stratégies de traitement, les techniques de diagnostic. J’ai aussi établi une base de donnée intégrant l’ensemble des candidats médicaments, leurs mécanismes d’action, leurs effets secondaires, leur cibles thérapeutique, l’avancement de leurs études cliniques, les résultats publiés.

Comme je ne suis pas égoïste, je partage toutes ces données sur ce site afin que chacun puisse se faire son propre tableau, sa propre opinion. Je sais que des polémistes m’expliqueront que cela ne sert à rien, mais leur connaissance du sujet est encore pire que la mienne.

Il en est qui investissent sur des valeurs sur la base de conseils, de publications d’analystes, ou sur leur feeling du moment. Moi j’aime évaluer les choses en analysant, me projetant, en évaluant le potentiel par moi même.

La stéatohépatite non alcoolique est une maladie en plein essor, étant donné sa progression, on pourrait même parler de pandémie.

J’ai compilé  l’ensemble des dernières publications scientifiques pour essayer d’évaluer au plus près la prévalence de la maladie à travers le monde, cela m’a permis d’approcher, pays par pays le nombre estimé de patients malades.

Sur la base du calendrier d’avancement de chaque candidat médicament ainsi que sur ces prévalences estimées, j’ai pu établir un modèle évaluant la part de marché de chaque médicament dans chaque pays, ainsi que les nombre estimé de patients traités.

La NASH étant une maladie silencieuse, il convient d’être très prudent sur ce que sera le taux de soin des patients dans le futur, il devrait progresser très lentement au début et, comme cela a été le cas pour le Diabète, accélérer ensuite pour arriver au un taux de prise en charge important. A titre d’exemple, mon modèle prévoit qu’en 2025 seulement 3,5% des patients occidentaux seront pris en charge.

 Cette étude est librement accessible ici ainsi que les liens vers tous les résultats.

ETUDE DE MARCHE NASH LIBRE D'ACCES

Certains la trouvent trop optimiste, pour autant que l’on puisse parler d’optimisme pour le traitement d’une maladie potentiellement mortelle.

J’ai pourtant été très conservateur, tant sur les taux de prévalence, les taux de soins que les prix des traitements.

Comme tout est transparent dans le modèle proposé chacun pourra se faire sa propre opinion sur les chiffres utilisés et pondérer à sa manière les résultats.

Les analystes utilisent des superlatifs lorsqu’ils parlent  du futur marché du traitement de la NASH en annonçant des chiffres entre 20 et 40 milliards de dollars de marché annuel. Certains  investisseurs mettent en doute leurs chiffres, il est vrai, souvent peu étayés.  J’ai donc préféré les recalculer moi même plutôt que de les prendre pour argent comptant, je confirme que les montants prévisionnels sont bien au dessus de 30 milliards de $ et bien plus dès que s’ouvrira le marché asiatique, très impacté par la maladie. 

Les deux sociétés les plus avancées sont INTERCEPT et GENFIT, Or une simple analyse du profil de leurs deux médicaments montre que la base de patients que pourra cibler l’ELAFIBRANOR DE GENFIT est bien plus large que celle que pourra cibler l’OCALIVA d’INTERCEPT du fait de ses nombreux effets secondaires.

Or La valorisation de GENFIT est plus de deux fois inférieure à celle d’INTERCEPT, et les deux, même en incluant un facteur de risque toujours présent avec les Biotechs, ne sont absolument pas corrélés à la taille de leurs marchés potentiel.  

Les projections prudentes effectuées, montrent que le chiffre d’affaire des deux médicaments pourrait dépasser le milliard de $ annuel dès 2023 et GENFIT dépasser les 5 milliards de dollars dès 2025. Tout cela avec seulement 3,5% des patients potentiels traités.

Les marchés ne croient pas aux miracles (quoique, lorsque on voit le bitcoin !),  et sont donc très circonspects devant ces chiffres pourtant faciles à vérifier. Ils ne connaissent pas la maladie, pas les acteurs et doutent des chiffres publiés, ils surestiment les risques d’échec, même si ceux ci restent non négligeables, et sous valorisent très fortement ces sociétés.

Le champ est donc laissé libre aux hedges funds qui jouent ces valeurs à la baisse à la moindre hausse, et il faut dire que l’historique du cours leur donne raison et toute latitude pour continuer. Les cours retombent donc régulièrement selon la bonne volonté des spéculateurs. Ceux qui comme moi ont fait le pari du succès,  sont peu nombreux et accumulent doucement en attendant le grand soir.

Mais que peut on espérer si l’on considère que l’on fait le pari du succès des études cliniques de ces sociétés et en particulier de GENFIT.

Et bien, étant le premier sur le marché avec un médicament considéré par les spécialistes comme un futur traitement de fond, l’ELAFIBRANOR sera sur un segment de marché vierge sans aucune concurrence,  les autres médicaments sur les rangs ciblant des sous-ensembles de patients ou un segment très restreint  bien que lucratif qui est celui des patients avec une fibrose très avancée ou une cirrhose.

Cela en ferait le médicament prescrit en première intention qui serait complété par les autres médicaments selon l’avancement de la maladie.

Cela ferait pratiquement 3 milliards de dollars de ventes en 2025, rien que pour les Etats Unis, et 500 millions pour la France. Vous pouvez aller vérifier les projections interactives sur la page correspondante du site.

J’ai essayé calculer la marge nette potentielle de GENFIT pour l’année 2025 en tenant compte de ventes directes sur l’europe et de licences dans le reste du monde et elle dépasse les 2 milliards de $.

Avec un PER de 8, très faible au regard des chiffres pratiqués sur le marché, cela ferait déjà une valorisation  20 fois supérieure a celle d’aujourd’hui. 

Même si vous considériez qu’il faut diviser ces chiffres par 2 ou même par 4, le gap de valorisation reste énorme.

Alors oui, investir dans une Biotech présente un risque,   Il y a quelques mois,  dans cet article , j’estimais le pourcentage de chance de succès de mise sur le marché de l’ELAFIBRANOR à 68%. 

Ce ne sont que des statistiques permettant d’objectiver le risque, mais sont elles prises en compte correctement dans la valorisation actuelle ?   J’en doute fortement, l’action reste donc bien malmenée à mes yeux.


 G Divry


"Il va se soi que, n’étant ni médecin ni biologiste, ni analyste financier, mon point de vue n’est que celui d’un amateur éclairé , il faut donc le prendre pour ce qu’il est, un point de vue contestable."



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