POURQUOI LE DIAGNOSTIC BIOMARQUEUR VA LARGEMENT PROFITER A GENFIT

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Après l’annonce de GENFIT du succès de son programme de biomarqueurs dans la NASH, il est intéressant de se pencher sur les effets indirects de larrivée de cette nouvelle méthode de dépistage 

au vu des dernires articles et publications on peut se poser la question  du nombre de patients adultes ayant une NASH dans les pays industrialisés ?

La polémique sur la prévalence réelle bat son plein :

12% à 17% selon la FDA

12% selon GENFIT et INTERCEPT

2 à 5% selon le NIDDK ( mais leur texte date de 2006)

6% selon d’autres articles 

En fait il est difficile de se faire une opinion claire car le diagnostic étant basé sur une biopsie , peu de cas sont diagnostiqués et les prévalences sont généralement basées sur des études effectuées dur des sous populations de patients parfois peu représentatives de l’ensemble de la population ( autopsies après accident CV, donneurs de greffes, etc)

La généralisation du diagnostic basé sur une simple prise de sang va révéler sans doute un panorama de la maladie bien plus large qu’imaginé à ce jour.

J’ai personnellement fait le choix dans mes dernières évaluations de partir sur 25% des patients NAFLD soit environ 7,5% de prévalence et je suis impatient de voir le premier retour que donnera une campagne large de dépistage.

Le premier gain pour Genfit et ses concurrents sera bien évidemment la simplicité du diagnostic qui créera le marché.

Mais il existe un second effet bénéfique très important  pour GENFIT qui est de présélectionner dans cette masse de patients ceux qui seront répondeurs à l’Elafibranor  car c’est ceux là que les agences vont demander à GENFIT de soigner .

Les études démontrent que le gain espéré pour les patients répondeurs est très élevé

Les résultats obtenu dans l’étude  GOLDEN montrent que sur la population étudiée ayant un NAS >3 l’ensemble des paramètres sont excellents sur les patients répondeurs. Or qu’appelle-t-on  un patient répondeur ?.. c’est un patient qui , dans le cas de l’étude GOLDEN à vu une réversion de sa NASH sans aggravation de sa fibrose.

Alors on pourrait se dire qu’il est normal de dire que les résultats sont bons pour le patient qui a été guéri et que sortir des chiffre montrant que le traitement a fonctionné chez ceux pour lesquels il a fonctionné relève d’une approche tautologique qui ne prouve pas grand chose. Je me moque mais certains Analystes financiers se sont permis de le dire.

Comme souvent ce qui paraît simple ne l’est pas .. car il y a un intérêt certain a déterminer l’ensemble des améliorations d’un médicament pour ceux qui répondent au traitement.

Dans un article de 2012  World Gastroenterology Organisation Global Guidelines

Sur la NASH on peut lire

« La cause exacte de la NASH n’a pas été́ formellement élucidée et il est presque certain que l’étiologie n’est pas la même chez tous les patients. Même si elle est très étroitement liée à la résistance à l’insuline, à l’obésité́ et au syndrome métabolique, tous les patients qui en souffrent ne présentent pas une NAFLD/NASH et inversement tous les patients avec une NAFLD/NASH ne présentent pas une résistance à l’insuline, une obésité́ et un syndrome métabolique. »

Pour rappel aux béotiens comme moi, l’étiologie rassemble la cause et le facteurs d’une maladie. 

Toutes les NASH n’ont pas la même cause ni les mêmes facteurs ce qui implique pour les soigner des médicaments parfois différents. Or ce que je retiens de l’étude GOLDEN c’est que l Elafibranor n’a pas vocation à traiter tout les types de NASH.

Le critère retenu par GENFIT pour déterminer si un patient est répondeur est exigeant, il n’integre pas  les amelioration histologiques n’ayant pas permis d’etteindre une reversion, Or la durée de traitement de l’etude de seulement 52 semaines peut laisser espérer une réversion de la NASH après  quelques mois supplémentaires de traitement chez un patient NAS 6 ayant déja atteint NAS 3 en 52 semaines.

Mais surtout ce critère ne nous renseigne pas sur tout les autres gains que peuvent espérer les patients traités 

Examinons ces gains :

Concernant les améliorations histologiques  on note :

Une baisse moyenne du NAS Score de 2,67 points  et en particulier du ballooning – 1,27

Et surtout une amélioration du score de fibrose de -0,67 ( l’amélioration moyenne constatée chez l’ensemble des  patients de l’étude FLINT traités avec l’OCA était seulement de – 0,2).

Notons bien que ces deux chiffres ne sont pas comparables directement, il faudrait connaître l’amélioration moyenne du score de Fibrose chez les seuls patients répondeurs à l’OCA pour comparer. Il s’agit néanmoins d’un indicateur montrant l’efficacité de l’Elafibranor sur la fibrose des patients répondeurs

 

Concernant les améliorations sérologiques  on note :


 

AST et ALP diminuent sensiblement, Les CK18 baissent fortement ce qui est un indicateur de diminution de la mort cellulaire. Les résultats sont aussi bons pour le bilan lipidique et diabétique.


Pour résumer , les bénéfices hépatique, cardio métaboliques et diabétiques pour les patients répondeurs sont importants.  On a,  avec l’Elafibranor, un médicament qui semble impacter le syndrome métabolique dans son ensemble.

Mais voilà,  comment ne le prescrire qu’aux patients qui ont un NASH dont l’étiologie est sensible à l’Elafibranor ?

Une ancienne méthode aurait été de le prescrire largement et de faire un bilan au bout d’un certain temps pour voir si il y a des améliorations ou pas .

Le problème de cette méthode est que si seulement 35% des patients répondent à un traitement, on va faire prendre un médicament  inutile à 65% de la population ciblée ce qui pose un problème  de sécurité (rapport bénéfice / risque  mauvais) et un problème économique.

Le coût d’un traitement de 1 000 000 de patients est élevé surtout si l’on sait que l’on n’en soigne réellement que 350 000.  Comme c’est pourtant ce qui est pratiqué pour de nombreux médicaments, les systèmes de remboursement négocient a la baisse le coût du traitement en proportion.

Or GENFIT annonce avoir mis au point un diagnostic sanguin qui permettrait d’identifier, à un pourcentage non précisé mais qui devrait être entre 80 et 90% ( si ils font mieux que 90% ce serait vraiment excellent), les patients répondeurs.

C’est une révolution car il n’y aurait plus que 10%  a 20% de patients traités qui le seraient pour rien et beaucoup moins en terme de population générale ciblée .

Exemple :

Sans diagnostic ciblé préalable une population de 1 M de patients ayant une NASH sont traités, 350 000 sont soignés et 650 000 sont traités pour rien

Avec diagnostique préalable seulement , entre 280 000 et 420 000 patients sont traités avec une incertitude de 35 000 à 70 000 qui pourraient être traités pour rien


C’est dire avec quel confort GENFIT peut aller négocier un prix de traitement confortable avec les organismes d’assurance. Il peut leur garantir que 80% à 90% des patients traités apres sélection seront effectivement soignés. Avec ce diagnostic préalable  le coût du traitement peut être doublé tout en conservant un gain  encore très important pour le système de santé.


Ne doutons pas que les candidats partenaires de GENFIT ont déja bien vu l’intéret de ce diagnostic sur le futur prix du médicament  et je pense que nous verrons bientôt des effets positifs de ce nouveau paradigme sur la valeur de la société.






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