OU SONT LES PATIENTS NASH ?

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La NASH est une maladie silencieuse .. Comment identifier des malades fantômes pour pouvoir les soigner ? 


Certains proposent des explications rationnelles à un mouvement irrationnel !

Depuis la baisse brutale des cours des Entreprises de  Biotechnologies en début d’année, de nombreuses justifications circulent à posteriori pour tenter de donner un peu de rationalité à ce qui n’est, en fait,  qu’un mouvement de foule.  Les spécialistes s’accordent pour dire que les Biotechs européennes sont loin d’être valorisées comme elles le devraient et la chute des cours ces dernières semaines n’a fait qu’accentuer le décalage entre les valorisations boursières et la ‘fair value’ de ces sociétés.

A lire les nombreux échanges sur les blogs, forums, réseaux sociaux  je m’aperçois que les investisseurs dans les Biotechs ne comprennent pas bien ce que font et comment fonctionnent les sociétés sur lesquelles ils ont investi et, quand un coup de vent sur les marchés fait brusquement baisser les cours, ils ne comprennent pas pourquoi leur pépite baisse. De l’incompréhension nait la peur, et la peur fait prendre des décisions irrationnelles, des ventes paniques qui accentuent encore le mouvement.

Sur ce marché irrationnel certaines personnes ‘bien intentionnées’ trouvent des ‘explications rationnelles’  à ces baisses pour chaque valeur en instillant le doute sur leurs fondamentaux.


L’exemple des Biotechs ciblant le marché du traitement de la NASH est criant.

Depuis l’été 2015, la quasi totalité des Biotechs à la conquête de ce marché ont perdu la moitié de leur valeur. Et une ‘explication rationnelle’ circule, prenant de l’ampleur sur les réseaux sociaux, La NASH ne serait qu’une maladie inventée par les laboratoires pour faire de l’argent.

J’ai noté un certain nombre des argumentaires utilisés sur les réseaux pour nous démontrer que la NASH est imaginaire :

  •  Une maladie qui toucherait 10% de la population ne pourrait pas apparaître si brusquement !
  • Pendant des décennies on à jamais parlé de cette maladie, c’est simplement une mode !.
  • Avez vous déjà entendu parler d’une personne morte de la NASH ?
  • Avez vous déjà entendu quelqu’un se plaindre de sa NASH ?
  • Les labos ont inventé une nouvelle vache à lait ! il veulent soigner avec leurs médicaments une maladie qui se soigne avec un simple régime.


Je ne reviendrai pas sur la faiblesse de ces arguments aisés à démonter ( je le ferai sans doute dans un autre article) , mais une question sous jacente pertinente est posée à travers ces argumentaires et pourrait faire douter certains investisseurs.

 

Où sont les patients NASH ?

Car finalement la maladie étant silencieuse, seuls les patients les plus touchés, ayant une cirrhose sont identifiables et ils ne sont pas nombreux.. A leur stade l’urgence est de traiter la cirrhose en priorité.. Traiter leur NASH est essentiel aussi mais il est quand même un peu tard..   

Pourtant, si, à ce jour, seulement 4% des patients ayant une NASH ont contracté une cirrhose, leur nombre va mécaniquement augmenter avec le temps. Il est donc urgent de traiter la maladie à sa racine avant d’en arriver à cette évolution mortelle qu’est la cirrhose.

Aucun scientifique ne conteste l’urgence de santé publique !  Si on ne traite pas rapidement la population touchée, on pourrait aller vers une catastrophe sanitaire, car la solution thérapeutique ultime qui est la greffe du foie ne saurait être pratiquée à une échelle suffisante pour traiter la population touchée faute de donneurs, et de moyens financiers.

Mais voilà. ! Où sont ces patients atteints de NASH qui n’ont pas atteint le stade cirrhose ?

Ils ne se savent pas malades et une fois que les symptômes sont là, il est presque trop tard pour agir.

Pourtant ils ne vont pas aller consulter sans symptômes, et même si ils le faisaient les médecins ne verraient rien faute de moyens simples de diagnostic.

 

On est face à une maladie fantôme on a donc des patients fantômes.

La question est donc judicieuse ! à quoi bon développer un traitement si les patients ne le prennent finalement pas car non dépistés.

Des investisseurs pragmatiques s’interrogent donc pour savoir si des fantômes sont banquables et certains opportunistes enfoncent le clou en évoquant une maladie imaginaire.. Normal avec des patients fantômes !

Pourtant leurs doutes pourraient être levés rapidement si ils prenaient le temps d’étudier la question plus avant.

Je vais donc essayer de leur montrer pourquoi les fantômes ne vont pas rester invisibles très longtemps.


Une analogie avec le diabète de type 2

 On va commencer par faire une analogie avec le diabète de type 2 qui lui aussi est une maladie silencieuse tant que pas dépistée. Sa croissance dans la population est continue depuis des années, comme la NASH et c’est logique, ces deux maladies sont toutes deux liées au syndrome métabolique en pleine explosion.

Le diabète de type 2 est une maladie silencieuse comme la NASH, et pourtant, en France, on considère que 84 % des patients atteints sont dépistés et 76 % traités ce qui est un score impressionnant.

Comment a-t-on fait pour que ces patients fantômes sortent du bois ?

Et bien ! on s’est appuyé sur une méthode de diagnostic simple basée sur deux analyses de sang successives en mesurant la glycémie.

Aujourd’hui, quand un médecin généraliste voit un patient fatigué en surcharge pondérale il pense quasi immédiatement à un risque de diabète et fait effectuer les analyses correspondantes.

Cette simplicité de diagnostic associé à une bonne connaissance du diabète de type 2 par les médecins a conduit à l’excellent taux de traitement précité.


Qu’en est il de la NASH ?

 Cette dernière semble souffrir de deux obstacles majeurs à son diagnostic facile :

  • Une méthode de diagnostic lourde, risquée et onéreuse ( biopsie hépatique).
  • Une mauvaise connaissance de la pathologie par les médecins.

 

Mais ceci est en train d’évoluer très rapidement : 

- Concernant la technique de diagnostic, plusieurs sociétés ont annoncé la mise au point de kits de diagnostic sanguin s ‘appuyant sur la sélection de bio marqueurs.

La plus avancée est la société française GENFIT qui annonce pouvoir valider son kit courant 2016.

Une autre société ayant annoncé des recherches sur un kit de diagnostic in vitro de la NASH est  le laboratoire Espagnol OWL en collaboration avec la Biotech IMMURON.

Ces avancées sont essentielles car elles vont permettre, comme pour le diabète, de diagnostiquer une NASH chez un patient sur la base d’une simple prise de sang.


- Concernant la connaissance de la maladie par les médecins, il reste du travail à faire. 

Ces derniers sont souvent suspicieux devant une pathologie dont ils n’ont jamais entendu parler pendant leurs études. 

Pourtant les publications des revues d’hépatologie sont de plus en plus alarmistes, les congrès sur le sujet se multiplient et la presse grand public s’empare du sujet de la NASH.

Ce dernier point peut être contre productif auprès des médecins Ce sont même parfois eux qui relayent les doutes sur les effets de ‘maladies à la mode’.

Le travail d’information des hépatologues auprès de leurs confrères d’autres spécialités va donc être primordial.


Qui diagnostiquer en priorité ?  

Si des kits de diagnostic sont disponibles et les médecins sensibilisés ils ne peuvent pas, pour autant, faire passer le test à tous leurs patients sans symptômes évidents.

C’est là que les dernières études de prévalence de la NASH vont aider à cibler rapidement les patients ayant le plus de probabilité d’avoir développé une NASH silencieuse.

  • Les obèses ont, selon les études publiées, un taux moyen de NASH de plus de 30% ce qui en fait des cibles de choix pour procéder à une exploration via les bio-marqueurs
  • Les diabétiques de type 2 ont, selon les études publiées, un taux moyen de NASH proche de 50% ce qui en fait aussi des cibles de choix pour procéder à une exploration via les bio-marqueurs.

 


On va vite retrouver nos patients fantômes  !

En France on considère qu’environ 6,5 millions de personnes sont obèses  et que 3 millions de patients sont traités pour un diabète de type 2

Ces deux ensembles se recoupent car environ 70% des patients souffrants d’un diabète de type 2 sont simultanément obèses.

Aux Etats unis c’est pire, environ 67 millions de personnes sont obèses et 20 millions de patients sont traités pour un diabète de type 2.

Ces chiffres catastrophiques ont toutefois un intérêt certain, dès la disponibilité du test, tous les praticiens ayant un patient traité pour un diabète de type 2 devraient être incités à lui faire faire un diagnostic de la NASH avec une prise de sang.

En quelques mois,  près 1,8 millions de patients NASH fantômes pourraient se réincarner rien qu’en France et 10 millions aux Etats Unis …

On va ainsi très vite retrouver une grande partie des patients NASH.

Bien plus vite que la plus optimiste des prévisions selon moi !


G.Divry

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