LES ATOUTS DU SEMAGLUTIDE DANS LA NASH 



Je passe beaucoup de temps à lire les différentes études publiées sur la NASH et ses futurs traitements et, de temps en temps, il m’apparait que certaines voies de traitement semblent plus prometteuses que d’autres, c’est le cas du semaglutide et je vais vous expliquer pourquoi j’en suis arrivé à cette conclusion.

Depuis l’étude présentée il y a deux ans sur le liraglutide (VICTOZA®) dans le traitement de la NASH, je regarde avec intérêt les publications sur les GLP1 analog.

Cette étude qui ciblait 58 patients obèses ayant une NASH avait démontré qu’une injection sous cutanée quotidienne de 1,8mg de liraglutide pendant 48 semaines permettait une résolution de la NASH dans 39% des cas (9/22) vs 9% des cas pour le placébo (2/22).

En première lecture, ce sont d’excellent résultats à comparer à l’étude FLINT sur l’OCA qui n’avait pas démontré NAS>=4 de résolution de la NASH mais une simple baisse du NAS Score, et l’étude GOLDEN sur l’Elafibranor qui avait démontré sur les patients NAS>=4 une résolution de la NASH pour 22.4% des patients Vs 12.7% pour le placébo.

Dans des sous populations plus atteintes une analyse post hoc à démontré dans FLINT une résolution de la NASH  (ancienne définition) de 19% vs 8% p<0,05  pour l’OCA. Une analyse post hoc sur de GOLDEN sur des centres équilibrés, a démontré également une résolution de la NASH  de 29% vs 5% p=0,001  pour l’Elafibranor.

Un autre élément de comparaison est l’étude PIVEN sur le pioglitazone qui avait démontré une résolution de la NASH (ancienne définition) chez 47% des patients vs 21% 

 

Toutefois, il faut pondérer ces comparaisons car l’Etude effectuée sur le liraglutide ne comportait que peu de patients  et ils étaient tous obèses ce qui ne permet pas de comparer avec des populations homogènes.

Par ailleurs, le Liraglutide étant connu pour sa capacité à faire perdre du poids, et cette perte de poids étant un des traitements reconnus de la NASH, son action pourrait donc avoir été indirecte.

Ceci dit, on pourrait se demander pourquoi NOVONORDISK n’a pas prolongé ses études cliniques sur le liraglutide dans la NASH.

La réponse est simple. Son brevet arrivant a expiration, le liraglutide va devenir un médicament générique et un labo ne va pas lancer des études onéreuses sur un médicament qui lui échappe.


Une des autres problématiques posées par ce médicament est le fait qu’il nécessite une injection sous cutanée quotidienne ce qui est fortement pénalisant pour un traitement chronique.

Il existe une autre molécule commercialisée qui est elle aussi un GLP1 analog, prescrit dans le traitement du diabète, le dulaglutide(TRULICITY) commercialisée par LILLY, ce dernier ne nécessite plus qu‘ une injection hebdomadaire ce qui est plus acceptable. Il est curieux que LiLLY n’ait pas lancé d’étude sur la NASH avec leur TRULICITY à ce jour.

NOVONORDISK a donc lancé des études sur la NASH avec sa dernière molécule, le semaglutide, encore un GLP1 analog. C’est un choix avisé, les resultats d’une étude clinique qui vient juste de finir montre sa supériorité dans le traitement du diabète comparée au dulaglutide dans des conditions d’injection hebdomadaire analogue. Il agirait aussi sur le risque cardio vasculaire.

Ce GLP1 analog serait donc plus efficace que les deux précédents.

Une étude clinique (NCT02970942est en cours pour le traitement de la NASH, mais sur la base d’une injection quotidienne. Il faut savoir que NOVONORDISK développe en premiere mondiale, sur la base d’une technologie développée par ELIGEN,  une version orale de cette molécule qui est aussi en test clinique dans le diabète de type 2.

Cette version orale ouvrirait largement le chemin du traitement chronique.

Les effets du semaglutide, sont principalement centrés sur la diminution de sécrétion du glucagon et la stimulation de la sécrétion d’insuline, d’ou sa bonne efficacité dans le diabète de type 2, mais il a aussi un effet coupe faim important qui conduit a une perte de poids.

Il n’est pas clair pour moi de savoir si les mécanismes métaboliques de la NASH sont directement impactés par les GLP1 analog, mais leurs actions semblent cibler une partie du dérèglement métabolique largement présent chez les patients NASH (diabète de type 2 risque CV et obésité).  Même si leurs effets sont indirects, ils ne sauraient être négligés.

C’est pourquoi je considère que le semaglutide est un candidat sérieux pour le traitement de la NASH et que je suivrai avec attention les différents résultats d’études cliniques à venir.



 G.Divry

Il va se soi que, n’étant ni médecin ni biologiste, mon point de vue n’est que celui d’un amateur éclairé , il faut donc le prendre pour ce qu’il est, un point de vue contestable !




WWW.NASHBIOTECHS.COM  -  Copyright G DIVRY 2015-2016  - Contact and TERMS OF USE