Quelques remarques sur le cours et la stratégie de GENFIT

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Je lis de nombreux posts sur le passé, le présent et le futur proche du cours de GENFIT

Une fois n’est pas coutume je vais essayer de donner mon sentiment sur autre chose que le potentiel à long terme de la valeur. 

Ce n’est pas mon sujet et il y a longtemps que je n’ai pas donné autre chose que des projections long terme.

je constate simplement que les biotechs en général ne sont plus que des jeux de casino ou chaque news est comme une bille lancée sur le jeu de roulette, chacun place ses mises, et lorsque la news tombe, retire vite son argent du tapis pour attendre le jeu suivant.

On avait l’habitude de dire que les news etaient le moteur de la progression du cours d’une biotech, ce n’est plus vrai, on ne capitalise plus sur les news précedentes pour construire un parcours boursier coherent qui valorise progressivement la société au fur et a mesure de sa progression vers le marché et de la diminution des risques qui y sont associés.

Chaque avancée de la société crée une vague d’achats et de prises de bénéfices immediates qui ne profitent qu’un instant au cours. Les spéculateurs ne croient plus aux projets. ils surfent d’une news à l’autre pour grapiller quelques plus values … les cours s’envolent puis s’écroulent et en moyenne, ils stagnent 

Le paradoxe est que plus la société se rapproche de l’accès au marché, plus l’écart de valorisation entre le cours et les bénéfices que va retirer la société de ce marché deviennent importants. 

Certains se plaignent d’une stratégie de GENFIT  déficiente, je ne suis pas sur qu’ils aient vraiment pris la mesure de la problématique.

Il y a un paradoxe à constater que les annonces de partenariats stratégiques ne font plus monter les cours, du moins durablement, et de reprocher à GENFIT de faire cavalier seul au détriment du cours.

Le constat que nous venons de faire montre que toutes les news, mêmes les plus importantes, n’impactent plus vraiment les cours des biotechs dans la durée.

A qui profite cet état de fait ? Sans faire de machiavélisme on ne peut que constater que les valorisations faibles des biotechs favorisent les gros laboratoires pharmaceutiques à la recherche de nouveaux médicaments pour leur catalogue.

Les OPA hostiles ne sont pas courantes dans le monde des biotechs car les équipes scientifiques sont souvent très impliquées au capital et une offensive hostile risquerait de les faire fuir se qui diminuerait fortement la valeur de la société ayant une molécule en développement.

Toutefois, on peut imaginer qu’une biotech en phase d’AMM pourrait se retrouver la cible d’un laboratoire qui jugerait que ses équipes auraient la capacité de mettre seules le médicament sur le marché, sans l’équipe initiale, la phase de recherche étant quasi terminée.

Le gain principal pour les gros laboratoires est donc plutôt l’utilisation de ces faibles valorisations dé-corrélées du potentiel de gain lors des négociations de partenariats commerciaux. Le financement de la fin des études étant rendu plus difficile du fait de la sous capitalisation de la biotech, le gros laboratoire se trouve en position de force pour imposer ses conditions, et cela est d’autant plus vrai que l’accord se fait tôt dans les phases de recherches.

 

Dans ce contexte, quelle contre-stratégie peut donc développer une entreprise de biotechnologie ayant dans son catalogue un médicament ayant un futur potentiel de blockbuster, dans une phase de développement avancé ?

Ses dirigeants ont compris qu’ils n’avaient aucune influence possible sur le cours de bourse, et donc de leur valorisation, ils sont donc obligés de naviguer finement entre Charybde et Scylla. Certains de leurs actionnaires les interpellent en se plaignant de la faiblesse du cours de bourse, leurs besoins de financement pour permettre l’arrivée à l ‘AMM sont presque couverts par leur trésorerie, mais pas complètement, les laboratoires voudraient en profiter pour signer un accord que la biotech, ayant pris tous les risques, trouve leonin,  que faire ?

 

  • Premièrement, faire comprendre à ses actionnaires que l’entreprise travaille à construire un projet médical de grande valeur, seul garant de la solidité de leur investissement, que si les négociations prennent du temps, ce n’est pas pour brader cet investissement et que si cela passe par une valorisation boursière faible de la société pendant quelque temps cela n’est pas bien grave si le deal est bon à l’arrivée.


  • Deuxièmement, faire comprendre aux laboratoires en cours de négociation que la biotech peut se passer d’eux pour finir ses études cliniques. Il n’est donc pas envisageable de fermer des portes en terme de financement possible. Je suis effaré des réactions d’actionnaires qui s’inquiètent de voir le Président de GENFIT annoncer que le financement pourra être mixte, augmentation de capital, ou paiements upfront de partenariat alors qu’il semble clair que le moindre paiement upfront suffirait pour couvrir les dépenses à venir. Soyons un peu stratèges, un patron ne va pas annoncer sur les télévisions qu’il n ‘y aura pas d’augmentation de capital et que les partenariats suffiront, même si il ne se souhaite pas, bien au contraire. Si il faisait cela ce serait plomber les négociations en cours en envoyant le signal aux partenaires pressentis qu’il n’a plus d’autre solution que de signer avec eux.


  • Troisièmement mettre en place discrètement une solution alternative de financement au cas ou les négociations achopperaient. Une bonne stratégie prévoit toujours un plan B.


  • Quatrièmement, faire comprendre aux laboratoires en cours de négociation que très peu d’unités de recherche connaissent la NASH aussi bien que Genfit et que le labo perdrait beaucoup à vouloir y aller seul, ceci pour réduire le risque d’une OPA hostile. 


Ne pensez vous pas que Monsieur Mouney à déjà analysé tout cela mieux que nous le faisons ?

Cette période de négociation est forcément troublée, l’entreprise ne peut communiquer qu’a demi mots et ne peut que présenter ses objectifs, tout du moins ceux qui sont affichés sur la table de négociation, sans dévier d’un iotat. Il n’y a pas de place pour le double langage même si il peut y avoir de doubles pensées.

 

L’écart entre une valorisation potentielle très importante et un cours de bourse faible et chahuté se creuse chaque jour.

  • Genfit sait qu’il va falloir dénouer sa stratégie plusieurs mois avant la possible date de l’AMM car, pour profiter au plus vite de son avance, il faudra avoir mis en place tout le réseau commercial mondial bien avant l’autorisation.
  • Les laboratoires savent que plus ils tardent à signer plus le ticket sera cher.
  • Et quelques actionnaires pleurnichent ou quittent le bateau ne voyant rien venir.  Il y a du boulot pour les psys et les opticiens sur certains forum.


Pendant cette période, toutes les manipulations boursières sont possibles et ceux qui annoncent savoir quand elle va se terminer sont bien présomptueux, quand un élastique se tend jour après jour bien devin est celui qui sait quand il va lâcher. La seule chose dont je suis certain, c’est qu’un jour, sans prévenir, l’elastique va lâcher.


 




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